Le touchant message d’amour de Ratko Peris à Cambrai, qu’il retrouvera mardi à Vanpoulle avec Nice

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Fabrice Bourgis | Publié le 06/12/2020 dans la VDN

Il a marqué le club. Par ses qualités humaines et sportives. Par son tempérament de meneur. Puis par ses premiers en tant qu’entraîneur. Mardi, Ratko Peris retrouvera pour la première fois en compétition officielle Vanpoulle et le CVEC. Un retour qui le rend heureux.

En 2014, le Cambrai Volley, alors dirigé par Ratko Peris, réussissait l’incroyable exploit de réunir 1 500 personnes à Vanpoulle à l’occasion d’un quart de finale de Coupe de France contre Paris. – LOCVDN

– Ratko, votre équipe…

« … Attendez ! Si je peux me permettre, avant toute chose, je voudrais dire que ce match à Cambrai, ça n’est pas un match à part. Mais une situation à part pour moi. J’ai toujours pensé et dit que ce club et cette ville avaient tout pour réussir dans le volley-ball. Et revenir à Vanpoulle pour le compte d’un match de Ligue A… sur un nouveau parquet, en plus, ça veut dire que le club a réussi ! Qu’il y a eu beaucoup de travail avec la ville et la communauté d’agglomération, lesquelles se sont investies. De la part des bénévoles, aussi, à commencer par le président Machut, mais aussi Michel (Carcel), Laurent Debel avec qui on a bien travaillé, Alain (Varlet) qui n’est plus au club mais qui a été important aussi. Et j’en oublie… Ah puis oui, bien sûr  ! Il faut aussi associer à cela les supporters, Sylvie (Quentin, présidente des Blue Eagles 59) et sa petite famille ! Franchement, c’est un grand respect ! J’ai passé de superbes moments à Cambrai alors que jamais je n’avais imaginé arriver un jour dans ce club ! Je me souviendrais toujours d’une discussion que j’avais eue avec Jean-Michel Machut après un match de Ligue B. Je jouais alors à Narbonne. À la fin, il était venu me voir. On avait discuté ensemble et il avait fini par me demander combien cela pouvait lui coûter de me faire venir à Cambrai. Je lui avais alors répondu en plaisantant :  » Vous n’aurez pas assez d’argent pour cela président…  » Finalement, un ou deux ans après, j’arrivais à Cambrai. Et j’y suis resté six ans ! Quand on se revoit, on rigole toujours en se remémorant cette anecdote… Voilà, Cambrai, c’est vraiment un club à part pour moi. C’est là qu’on m’a donné ma chance comme entraîneur. C’est grâce à ces gens-là que j’ai aussi réussi à avoir mon diplôme. Pour moi, c’est bien plus qu’un match en termes d’émotions ! Ça me fait vraiment très plaisir d’y revenir. »

« Cambrai, c’est vraiment un club à part. C’est là qu’on m’a donné ma chance comme entraîneur. C’est grâce à ces gens-là que j’ai aussi eu mon diplôme. Pour moi, c’est plus qu’un match en termes d’émotions ! »

– Reprenons donc. Votre équipe a bien attaqué sa semaine très importante dans l’optique du maintien en l’emportant 3-2 face à Sète vendredi soir. Cette victoire la soulage-t-elle avant ses deux prochains matchs à Cambrai, ce mardi soir, et face à Nantes samedi prochain ?

« C’est toujours bien la victoire. Maintenant, on n’a jamais été très loin non plus depuis le début de saison. Souvent, ça s’est joué sur une ou deux balles mal négociées, des fautes de gamins. Qui entraînent la défaite puis le manque de confiance. Maintenant, on n’a pas non plus été vernis depuis le début de saison… »

– A priori oui, le Covid ne vous a pas épargnés, semble-t-il ?

« On a été touché à deux reprises par le Covid ! Deux fois quatre joueurs. Avec à chaque fois deux fois deux semaines de quarantaine pour les joueurs touchés. Et tout ça en un mois d’intervalle ! Un coup tu t’entraînes, un coup tu ne t’entraînes plus… Un jour tu te retrouves à quatre à l’entraînement sans ton pointu, ni ton passeur, ton central et un récep/attaq… C’est très compliqué. Et avec l’enchaînement des matchs ensuite, qui fait que tu t’entraînes moins et auquel il faut ajouter la fatigue des voyages, tu finis par t’exposer à des blessures. Même si on est contents de jouer plutôt que de rester à la maison, j’ai toutefois deux joueurs de mon six qui se sont ainsi retrouvés « out ». Et que je ne récupérerais pas avant janvier. »

« On a été là dans tous nos matchs »

– Cela dit, votre équipe a toujours répondu présent dans les matchs importants. Sur vos neuf matchs joués, dont six contre des équipes taillées pour le podium ou les play-off, vous battez Poitiers, Ajaccio et Sète, trois équipes de deuxième partie de tableau. Ce qui doit vous rassurer, non ?

« Bien avant ces histoires de Covid déjà, on était à 99 % en Ligue B (la saison passée, Nice a terminé 14e de Ligue A avant d’être repêchée). Puis on a commencé le recrutement en disant qu’on allait peut-être finalement repartir en Ligue A. J’ai donc essayé de recruter des joueurs pour ça, en fonction du budget qui m’était alloué. Et si l’effectif a beaucoup changé, c’était ma volonté car je n’étais pas content de ce qui avait été proposé la saison écoulée par des joueurs que je n’avais pas choisis. Ensuite on a commencé la préparation. Tu t’entraînes alors pendant deux mois et quatre jours avant la reprise du championnat, voilà… tu dois faire avec quatre de tes joueurs touchés par le Covid ! Et ça, ça change tout. Derrière, notre calendrier a été bouleversé. On devait recevoir Narbonne et Poitiers et se rendre à Montpellier entre les deux. Et au final, tu commences par deux déplacements à Tours et Montpellier ! Puis tu reçois Toulouse la 3e journée et la 5e tu te déplaces à Chaumont. Ce n’est plus du tout la même chose ! Au lieu de démarrer tranquillement, t’attaques du très costaud de suite. Tout ça, ça a perturbé notre début de saison. Même si on a été là dans tous nos matchs. Et, effectivement, dans les matchs importants que vous citez. Des matchs à « six points » comme on dit. »

– Qu’est-ce qu’il vous manque à ce jour pour faire pencher plus encore la balance en votre faveur ?

« Il manque des joueurs déjà, même si on a pris un joker médical, Milos Terzic (récep/attaq). Mais surtout, il faut gagner ! Pour la confiance. C’est elle qui vous permet de vous libérer lors des moments importants pour aller chercher des points. »

« Bazin, le patron, le cerveau »

– Ce mardi, vous vous rendez donc à Cambrai qui est l’équipe surprise de premier tiers de championnat. Est-ce que ce parcours de votre ancien club vous surprend également ?

« Dans un championnat, il y a toujours une équipe comme ça généralement. Cambrai est une équipe qui tourne bien, qui a un bon rythme. Elle a réussi à garder Bazin, son patron sur le terrain, le cerveau de cette équipe qui…

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