Volley (Ligue A): à Cambrai, l’envie d’en découdre a déjà pris le pas sur la fierté de l’exploit

0

Fabrice Bourgis | 25/06/2020 dans la VDN

Privés de fête et d’adieux, les Cambrésiens ont vécu une drôle d’accession. Une montée historique qui n’en fait pas moins des gens heureux et fiers. Et bien décidés à jouer les trouble-fête dans un championnat où leur club fera encore office de petit poucet.

« Notre déplacement à Mende le vendredi (14 mars)a d’abord été annulé. Puis le lendemain, on a eu une réunion tous ensemble où l’on nous a expliqué les choses. Et derrière, tout s’est enchaîné. Très vite . »

Cette fin de championnat précipitée, avec notamment le départ dans la foulée des joueurs étrangers désireux de ne pas rester bloquer en France, loin de leurs familles, elle a forcément laissé un petit goût amer dans les rangs des Cévéistes. « C’est vraiment dommage », confirmait en début de semaine Paul Villard, le plus Tourquennois des Cambrésiens. « On n’a rien pu fêter ensemble, pas pu se dire au revoir non plus sachant qu’il y a des joueurs que je ne reverrai probablement plus. C’est frustrant, ça a enlevé un peu de sel à cette montée. Mais c’est comme ça… » Et désormais, les pensées sont braquées sur la suite.

« On n’a rien pu fêter ensemble, pas pu se dire au revoir non plus sachant qu’il y a des joueurs que je ne reverrai probablement plus. C’est frustrant, ça a enlevé un peu de sel à cette montée. »

« On a hâte » assure Boris Takaniko, l’autre cambrésien à être resté dans la cité de la bêtise depuis le confinement. «  Le haut niveau pour une petite ville comme Cambrai, c’est franchement bien ! Tout le monde en ville en parle. Les amis, les supporters… On est fier de l’avoir fait !  » Et de pouvoir vivre, aussi, cette grande première. Comme «Paulo», avec qui il a repris la direction de la salle de musculation dès sa réouverture il y a quelques semaines. Pour tuer le temps et s’entretenir.

À sa grande « surprise », le deuxième passeur du CVEC, originaire de Wallis-et-Futuna s’est vu offrir la possibilité de prolonger l’aventure. « Je ne m’y attendais pas et je suis très content ! Le coach a confiance en moi, j’ai bien progressé et… je vais aussi pouvoir jouer pour la première fois en France contre mon grand frère, Toafa, passeur à Toulouse ! Et ça aussi c’est formidable !  » Une dose supplémentaire dans sa volonté de faire bonne figure à compter de l’automne prochain. Qui se retrouve également chez son partenaire attaquant. « Retrouver le TLM à ce niveau-là, c’est très motivant. D’autant que j’ai connu la Ligue A avec ce club où j’ai été formé, avant de partir pour Beauvais puis Cambrai il y a six ans. »

Sans complexe

Conscients que la tâche sera difficile dans un championnat qui s’annonce très relevé, les deux Cambrésiens sont néanmoins décidés à porter haut les couleurs de leur équipe. « À 28 ans, la question de la Ligue A commençait à me trotter un peu même si j’étais bien en Ligue B, avoue Paul Villard. La question se posait et pouvoir finalement vivre ça avec Cambrai, c’est le top ! C’est un double défi. Que d’essayer de se maintenir et de se prouver en même temps à soi même qu’on a le niveau. » Et si les sincères félicitations pour le travail accompli ont jusqu’à présent très largement pris le pas sur les gentils petits chambrages, il n’est pas question que la donne change. …

 

Laisser une réponse

Articles récents