Un peu plus de 10 jours après la disparition d’un de ses grands bénévoles, Lionel Brusselle, 72 ans, c’est cette fois l’une de ses figures que Cambrai Volley vient de perdre. Hier matin, la triste nouvelle du décès de Yuriy Korovyanskyy, 50 ans, s’est, en effet, répandue comme une traînée de poudre aux quatre coins de la France.image

Son absence dans les travées de Vanpoulle, samedi soir pour la venue de Saint-Quentin où évolue cette saison son fils Artem, 23 ans, n’avait déjà pas manqué d’interpeller nombre de supporters. Au fait, depuis plusieurs mois maintenant, de la terrible maladie, celle de Charcot, dont souffrait le géant ukrainien, vainqueur du championnat d’Europe et de la Coupe du Monde en 1991 avec l’URSS. Mais personne n’avait un instant osé penser au pire même si tous savaient comment cela allait se finir pour l’ancien réceptionneur attaquant du club. La maladie de Charcot est une maladie neurologique qui attaque directement les cellules nerveuses responsables du contrôle des muscles volontaires. Une maladie à évolution rapide et presque toujours mortelle.
« UNE LÉGENDE »
« C’est un choc, soudain, brutal, confessait Jean-Michel Machut, le président du CVEC, hier en début d’après-midi. Pour le volley cambrésien mais pas que. Là, par exemple, je viens tout juste d’avoir au téléphone David Lanta, qui a joué chez nous de 2008 à 2011. Il venait d’apprendre la nouvelle et voulait en savoir plus. Je pense de toute façon que les réactions vont s’enchaîner. » Car Yuriy Korvyanskyy, comme n’hésitera pas à le clamer à son tour le Cambrésien Geoffrey Meyer, qui évolue aujourd’hui à Nancy, « c’était tout simplement une légende ». « C’est un grand homme qui nous a quittés, ajoutait encore celui qui fit ses premières armes chez les pros, à Cambrai, lors de l’ultime saison en professionnel du réceptionneur attaquant ukrainien, en 2006. Un sportif extraordinaire qui a marqué notre sport pour toujours. »
Très fatigué ces derniers jours, Yuriy Korovyanskyy devait à nouveau passer des examens médicaux cette semaine, comme nous l’avait confié Artem, vendredi. « Je ne sais pas s’il pourra venir au match, avait ajouté le jeune libero, remarquable de lucidité. Vous savez, papa en ce moment, ça n’est pas vraiment la joie… Depuis plusieurs semaines maintenant, il culpabilise sur son état physique. Et mental aussi. Comme nous, il sait de toute façon que c’est un combat contre un mur qu’il mène. Et cela, depuis longtemps car bien avant que les spécialistes ne confirment en juin, et ce, après toute une série d’examens car son bras droit ne réagissait plus, qu’il souffrait de Charcot, lui le savait déjà. En fonction de ses symptômes, apparus dès décembre 2015, il s’était renseigné sur Internet et avait compris. »
Homme affable, marié à une Irina tout aussi agréable, Yuriy Korovyanskyy, pour qui le club cambrésien s’était efforcé d’obtenir la nationalité française en 2011, va laisser un grand vide. À la hauteur de sa carrière.

PARCOURS
Né le 30 septembre 1967 à Gorlovka, Yuriy Korovyanskyy, 1,95 m, considéré comme très technique, a compté environ
300 sélections
en équipe d’URSS et d’Ukraine. Après avoir porté les couleurs du Chakthior Donetsk (Ukraine ; de 1984 à 1993), d’Orestiada (Grèce, saison 1993-1994) et de Pafos (Chypre ; saison 1994-1995), le
vainqueur de la Coupe du Monde et du championnat d’Europe 1991
, avec l’URSS, prend ensuite la direction de la France. Et c’est à
Tourcoing
qu’il pose ses valises en 1995.
Après une saison dans le Nord, il file ensuite à
Tours
(1996-1997) puis à
Paris
(1997-1998), club avec lequel il
remporte le championnat de Pro A et termine 3 e de la CEV
. Les deux saisons suivantes, il les passe à Strasbourg. Puis il retourne dans le Nord, à Halluin.
Sa première licence à
Cambrai
, il la prend lors de la saison 2001-2002. Le club est alors en Nationale 2. Et sous son impulsion puis celle, la saison suivante, de Galin Radichkov, autre figue du club, le VBCC, alors dirigé par feu Christophe Haffner, finit par accéder en Pro B au terme de la saison 2003-2004. En juin
2006
, Yuriy Korovianskyy décide alors de raccrocher. Mais il entame dans la foulée une carrière d’entraîneur à Cambrai, toujours, jusqu’en juin 2014.